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Vivre-Soi

Le Manifeste

Douze affirmations, écrites d'abord pour moi-même. Elles disent surtout ce que Human Lab refuse d'être — et c'est volontaire : dans ce milieu, ce qu'on refuse en dit souvent plus long que ce qu'on promet.

Nous ne réparons pas des individus.

Nous recréons les conditions dans lesquelles l'humain retrouve naturellement sa juste place.

Nous ne proposons pas la bonne voie.

Nous proposons d'explorer ensemble.

Nous ne formons pas des experts d'une technique.

Nous cherchons des personnes dont la seule présence, un jour, permettra à d'autres de grandir.

Ce n'est jamais l'outil qui soigne.

C'est la rencontre — quand l'un tient un cadre suffisamment sûr pour que l'autre ose sortir de sa zone de confort.

Nous ne sommes pas des maîtres.

Un gardien ne possède pas, ne domine pas, ne guide pas chaque pas de celui qu'il accueille. Il veille. Il accueille. Il protège. Il entretient. Il transmet.

Nous ne demandons aucun engagement.

On peut passer une fois et ne jamais revenir, sans justification à donner à personne.

Nous ne croyons pas à une méthode unique.

Cinq dimensions plutôt qu'une seule : la philosophie, les pratiques de conscience, la communauté, la transformation, la transmission.

Nous ne réussissons pas en nombre de visiteurs, en réputation ou en influence.

Nous réussissons à la qualité des liens qui naissent, et au nombre de personnes qui repartent un peu plus libres qu'elles ne l'étaient en arrivant.

Nous ne sommes pas à côté du vivant.

Nous en faisons partie. Nous réparons plutôt que nous remplaçons — un objet, un lien, une confiance, quand c'est possible ; une présence, quand ce ne l'est plus.

Nous ne sommes que de passage.

Nous plantons des arbres dont nous ne verrons peut-être jamais toute l'ombre, pour des personnes que nous ne rencontrerons peut-être jamais.

Notre mission n'est pas d'accueillir davantage de monde.

Elle est d'augmenter, dans le monde, le nombre de lieux où l'on se sent profondément humain.

Si un jour vous ouvrez la vôtre, n'essayez pas de reproduire la nôtre.

Écoutez votre territoire. Écoutez les personnes qui y vivent déjà. Puis construisez un lieu qui leur ressemble, à eux, pas à nous.

Pourquoi ces mots-là

En cherchant comment nommer les personnes qui composeraient ce projet, j'ai fini par comprendre pourquoi rien ne convenait. Le vocabulaire du monde marchand — client, prestation, résident, bénévole, formateur, stagiaire — porte en lui une logique d'échange que je ne voulais pas au cœur du projet. Un client attend un service. Un stagiaire attend un diplôme. Aucun des deux n'attend d'appartenir à un lieu.

J'ai donc changé de vocabulaire — et rien que par ce changement, quelque chose s'est mis à bouger dans ma manière de penser le projet. Le langage transforme la façon dont on se comporte, bien avant que le comportement lui-même ne change.

Invité
Celui qui arrive, pour une heure ou pour une saison.
Compagnon
Celui qui, sans qu'on le lui ait demandé, s'est mis à prendre soin du lieu comme s'il était un peu le sien.
Voyageur
Celui qui passe, repart, revient parfois, sans jamais s'installer — et c'est très bien ainsi.
Ancien
Celui qui porte une mémoire que les arrivants n'ont pas encore.
Gardien
Celui qui prend soin du lieu et du cadre, plutôt que celui qui dirige. Il n'est pas au centre : il tient le centre.
Passeur
Celui qui a suffisamment intégré son propre chemin pour ouvrir, à son tour, un peu d'espace ailleurs — à sa manière, sans reproduire le nôtre.

Un mot sur les gardiens, pour éviter une confusion : ce sont Jody et moi, et ceux qui prendront soin d'un lieu après nous. C'est différent des personnes qui composentLe Réseau — celles et ceux qui, à mes côtés, accompagnent, transmettent ou animent des événements, et qui n'ont aucune raison de porter la charge d'un lieu qui n'existe pas encore.

La clé

Les monastères ont leur cloche. Les scouts ont leur foulard. Les compagnons ont leurs rites de passage. Le nôtre s'est imposé presque par évidence : une petite clé en bois. Pas une vraie clé — une clé symbolique.

On la donne à qui arrive, en disant simplement que ce lieu est aussi le sien, tant qu'il en prend soin. Et lorsque la personne repart, elle garde la clé.

Parce que le but n'a jamais été d'ouvrir cette maison-là précisément. Le but était de lui rappeler qu'elle peut désormais en construire une autre.

Je sais ce que certains de ces mots peuvent évoquer, lus de l'extérieur et sortis de leur contexte — une clé symbolique, des gardiens, des rites de passage. Je les assume en toute conscience. Ce qui a toujours distingué un lieu sincère d'une dérive, ce n'est jamais le vocabulaire qu'il emploie : c'est la sortie qu'il organise, ou qu'il empêche. Ici, il n'y a ni engagement, ni carte de membre, ni dette à rembourser en présence — on peut repartir à tout moment, en gardant simplement sa clé, celle-là même qu'on n'aura jamais eu à rendre.

Nous espérons que vous repartirez d'ici avec l'envie de construire ailleurs un lieu encore plus beau que celui-ci.

Les engagements concrets qui découlent de tout ceci sont réunis dansla Charte.

On fait connaissance ?

Premier échange gratuit et sans engagement, en visioconférence. Pas pour commencer immédiatement une thérapie — simplement pour se rencontrer.

20 à 30 min • gratuit • en visio • sans engagement

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