Transmission et supervision
Je ne forme plus seulement à faire. Je m'intéresse de plus en plus à la personne qui fait. Pendant plusieurs années, j'ai enseigné l'hypnose et la PNL, formé des praticiens, dirigé mon propre organisme de formation. Cette expérience m'a appris une chose essentielle : on peut parfaitement connaître une technique sans encore savoir accompagner.
Deux choses distinctes vivent sur cette page : unchemin en trois anspour celles et ceux qui veulent apprendre à accompagner, et lasupervisionpour les praticiens déjà installés. On peut venir pour l'une sans l'autre.
Pour les thérapeutes, coachs et praticiens
Vous êtes peut-être hypnothérapeute, sophrologue, coach, praticien en énergétique, psychopraticien, ou issu d'une autre école. Je ne cherche pas à vous convaincre d'abandonner votre méthode, mais il peut être intéressant, de temps en temps, de la poser à la porte, pour vous demander : qui suis-je lorsque je n'ai plus mon protocole ? Que se passe-t-il lorsque je ne sais pas immédiatement quoi faire ? Quelle part de moi cherche à obtenir un résultat pour mon client ?
Un mot que je n'aime pas : « formation »
On me demande régulièrement de relancer ce qu'on appelle, faute d'un meilleur mot, une formation. Ce mot porte en lui l'idée d'un stage qu'on traverse, d'un certificat qu'on encadre, d'une compétence qu'on empile sur une autre. Et pourtant, j'aime profondément accompagner des gens qui veulent apprendre à accompagner à leur tour. Alors plutôt que de me battre contre un mot, j'ai changé de logique.
La plupart des cursus que je connais enseignent les techniques d'abord, la personne ensuite — quand ils s'occupent d'elle. Or ce que montrent aussi bien la recherche en psychothérapie qu'une vie passée à observer l'humain, c'est que la technique n'explique jamais qu'une partie de ce qui aide vraiment quelqu'un.Le même outil, entre deux mains différentes, produit deux résultats sans commune mesure.
Ce qui fait un accompagnant en qui l'on peut avoir confiance
J'ai donc cessé de penser ce chemin par les outils. Je le pense par ceci — et l'ordre compte.
Se connaître soi-même
D'abord et avant tout — pour ne jamais confondre l'histoire de l'autre avec la sienne. C'est ce qui manque le plus souvent, et c'est ce qui ne s'enseigne pas en week-end.
Une présence
Savoir ralentir, tenir un silence, sentir ce qui se passe sans avoir besoin de le nommer tout de suite.
Comprendre l'humain, largement
La psychologie, les neurosciences, la philosophie, les traditions anciennes — sans jamais s'arrêter à une seule carte.
Savoir créer une alliance
Une relation de confiance compte, dans mon expérience, davantage que n'importe quelle méthode brillante.
Les outils, ensuite seulement
L'hypnose, la PNL, l'IFS et les autres restent à leur juste place : des pinceaux, jamais la peinture elle-même.
Une éthique solide
Savoir dire « je ne sais pas », savoir orienter vers quelqu'un d'autre, connaître précisément les limites de ce qu'on peut faire.
Continuer à apprendre
Bien après qu'un parcours est officiellement terminé. C'est la seule qualité qui ne s'achève jamais.
Le premier volet
Un chemin en trois ans : Ouvrir, Habiter, Transmettre
Il faut le dire sans détour : personne ne devient un accompagnant en qui l'on peut avoir confiance en dix jours de stage, aussi intense soit-il — pas plus qu'on ne devient un bon parent, un bon ami ou un bon compagnon de route en dix jours. Ce chemin prend le temps qu'il faut, et il se parcourt en spirale plutôt qu'en ligne droite : on repasse par les mêmes questions, un peu plus loin à chaque tour.
Ouvrir
Se rencontrer soi-mêmeAccepter de regarder ce qu'on évite depuis longtemps, et apprendre à nommer ce qui se passe en soi plutôt que de le subir : l'histoire familiale, l'attachement, les blessures, le rapport à l'argent, au pouvoir, à la mort. On y travaille la présence, le corps, la régulation émotionnelle, la communication.
On peut s'arrêter là, et ce sera un chemin complet — pas un chemin inachevé. La plupart des personnes qui viennent à cette première année ne cherchent d'ailleurs rien d'autre que cela : se rencontrer elles-mêmes. C'est amplement suffisant.
Habiter
Vivre avec ce qu'on a découvertPlutôt que de courir vers la découverte suivante, on élargit la carte : psychologie, neurosciences, philosophie, spiritualité sans dogme. C'est à ce moment-là seulement, jamais avant, qu'apparaissent les outils — présentés comme des langages parmi d'autres, jamais comme des vérités.
On commence aussi à accompagner, en binôme, sous supervision, avec des retours honnêtes sur ce qu'on a raté autant que sur ce qui a fonctionné.
Transmettre
Tenir un peu d'espace pour quelqu'un d'autreLe moment où l'on a suffisamment intégré son propre chemin pour pouvoir, à son tour, accueillir — sans forcément devenir thérapeute. La supervision s'intensifie. L'éthique y occupe la place centrale, plus que tout le reste : reconnaître les limites de ses compétences, savoir orienter, ne jamais utiliser une position de confiance pour créer une dépendance.
Ce n'est jamais un titre acquis une fois pour toutes. C'est un engagement qu'on renouvelle, année après année, par la supervision qui continue, par la pratique, par le travail sur soi qui ne s'arrête jamais vraiment.
On ne peut de toute façon accompagner quelqu'un que jusqu'à l'endroit où l'on est soi-même déjà allé. C'est pour cette raison que la première année ne se discute jamais : elle se traverse.
Le second volet
La supervision, pour praticiens de l'accompagnement — Strasbourg & visio
C'est indépendant du chemin en trois ans, et cela ne demande aucun engagement de durée. La supervision s'adresse aux accompagnants déjà installés dans leur pratique — thérapeutes, coachs, praticiens — qui ont besoin d'un endroit où déposer ce que le métier soulève.
Car il y a une solitude particulière dans ce travail : on tient l'espace pour les autres, on absorbe beaucoup, et on n'a pas toujours d'endroit où poser ce qu'on a porté. Un doute sur une orientation. Une séance qui a laissé une charge. Une situation où l'on ne sait plus si l'on aide encore ou si l'on s'accroche. Une erreur qu'on préférerait ne pas avoir commise.
En individuel
Pour débriefer une session qui a laissé quelque chose, interroger une posture, regarder ce qui vous a accroché chez cette personne-là en particulier. C'est aussi le bon format quand la question touche à votre propre histoire plutôt qu'à la technique.
En collectif
En groupe de pairs, notamment pour celles et ceux qui reviennent de temps forts partagés. On y gagne quelque chose que l'individuel ne donne pas : découvrir que ses doutes sont partagés, et entendre comment d'autres ont traversé des situations proches.
Ce que je cherche à tenir dans ces espaces est assez simple :un lieu où le praticien n'a pas besoin d'être celui qui sait. Où l'on peut dire « je ne comprends pas ce qui se passe avec cette personne » sans que ce soit un aveu de faiblesse. Où une erreur se regarde plutôt qu'elle ne se cache.
Je crois cette respiration indispensable pour quiconque continue, année après année, d'explorer son propre chemin tout en accompagnant celui des autres. Je m'y astreins moi-même, comme je l'explique plus bas.
Ce qu'il faut savoir avant de s'engager
Est-ce que ça délivre un titre ou un diplôme ?
Non, et c'est volontaire. « Accompagnant » et « passeur » ne sont pas des titres réglementés en France, contrairement à « psychothérapeute », qui l'est et qui suppose un parcours universitaire et clinique précis —j'explique en détail cette distinction ici.
Un diplôme, aussi mérité soit-il, finit trop souvent par nourrir l'ego plus que la pratique elle-même. Ce que ce chemin transmet ne se prouve pas sur un mur. Ça se voit dans la manière dont quelqu'un accompagne, rien de plus.
Comment ça se passe concrètement ?
Volontairement simple. Une part du chemin se vit à distance, à son rythme, en autonomie — lectures, échanges, temps de réflexion personnelle. Une autre part, plus rare et plus précieuse, se vit en présence : des séminaires, des groupes de pratique, des temps qui marquent un passage.
Le nombre de places reste volontairement restreint, pour la même raison que les ateliers restent à 8 à 12 personnes : c'est la taille à laquelle un accompagnement sincère reste possible. Je ne cherche pas à former le plus grand nombre de praticiens possible — je cherche à accompagner quelques personnes qui deviendront, un jour, des lieux sûrs pour d'autres.
Et vous, qui vous accompagne ?
Je m'applique cette exigence avec la même rigueur que celle que je demande aux autres. Je fais partie d'une communauté qui m'accompagne, tous les trois mois, à travers trois jours d'immersion et de voyage personnel. Je suis moi-même supervisé, régulièrement. Et je continue, aujourd'hui encore, à suivre une psychothérapie — pas parce que quelque chose irait mal, mais parce que ce travail-là n'a pas de ligne d'arrivée, et que je me méfierais de quiconque prétendrait le contraire.
Je ne dis pas cela pour me donner un genre. Je le dis parce que je ne crois à aucun accompagnant qui prétendrait s'accompagner lui-même en toutes circonstances. Personne ne devrait avoir à porter ça seul — surtout pas celui qui aide les autres à ne plus porter seuls ce qu'ils traversent.
Je ne cherche pas à former des experts d'une technique. Je cherche des personnes dont la seule présence, un jour, permettra à d'autres de grandir.
Pas pour fabriquer une nouvelle école fermée — pour qu'existe une communauté de praticiens capables de penser ensemble sans avoir besoin d'être d'accord sur tout.
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