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Expérientiel

Arrêter de fumer en une séance d'hypnose ? Perdre du poids sous hypnose ? Parlons-en sérieusement.

Une promesse rapide n'est pas forcément un mensonge. Mais une garantie de résultat avant même de vous avoir rencontré devrait vous interroger.

28 août 202614 min de lecture
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« Arrêtez de fumer en une séance. » « Libérez-vous définitivement du tabac grâce à l'hypnose. » « Une séance d'hypnose et quelques points de laser suffisent. » Ou, dans un autre registre : « Maigrissez sans effort grâce à votre inconscient. »

Je pratique l'hypnose depuis suffisamment longtemps pour comprendre pourquoi ces promesses séduisent. Quand quelqu'un veut arrêter de fumer, il ne cherche généralement pas une nouvelle discipline à étudier pendant six mois. Il veut arrêter. Quand quelqu'un souffre depuis des années de son rapport à la nourriture ou de son poids, il n'a pas forcément envie qu'on lui explique qu'un interminable parcours l'attend encore. Il veut que quelque chose change.

Et effectivement, l'hypnose peut parfois produire des changements étonnamment rapides. Mais il y a une différence considérable entre dire « un changement rapide est possible » et annoncer « une séance suffira ». La première phrase laisse une place à la personne. La seconde vend une certitude que personne ne peut raisonnablement posséder avant même de vous avoir rencontré. Et c'est précisément là que j'aimerais remettre un peu de nuance.

Oui, l'hypnose fait partie des thérapies brèves

Mais commençons par le commencement. Une thérapie brève n'est pas une thérapie magique. Le mot brève ne signifie pas « tout doit être réglé en une séance ». Il signifie plutôt : « nous essayons de ne pas faire durer inutilement ce qui peut être travaillé plus rapidement. » Et j'aime beaucoup cette philosophie.

Si une séance permet à quelqu'un de débloquer quelque chose qu'il traîne depuis dix ans, tant mieux — il serait assez absurde de lui en imposer neuf autres pour respecter un protocole. Mais l'inverse est également vrai. Si une personne a besoin de plusieurs rencontres, d'un accompagnement médical, d'expérimenter, de rechuter éventuellement, de comprendre progressivement ses mécanismes et de construire autre chose, je ne vais pas lui annoncer que son inconscient aurait dû tout régler mercredi dernier à 16 h 30.

Le nombre de séances n'est pas un objectif thérapeutique. Le changement l'est. Une thérapie véritablement brève devrait donc chercher le chemin suffisamment court, pas obligatoirement le chemin le plus court imaginable.

Le problème avec la cigarette, c'est qu'elle n'est pas qu'une cigarette

Prenons le tabac. On pourrait imaginer le problème de manière très simple : « Je fume. Je veux arrêter. Hypnotisez-moi pour que je n'aie plus envie de fumer. » Cela peut parfois fonctionner de manière assez spectaculaire. Mais chez une autre personne, la cigarette peut remplir cinq ou six fonctions différentes.

Il y a d'abord évidemment la dépendance à la nicotine. C'est une réalité biologique : votre corps s'est adapté à recevoir régulièrement une substance psychoactive, et l'arrêt peut provoquer irritabilité, envie impérieuse de fumer, difficultés de concentration ou d'autres manifestations du manque. L'hypnose ne transforme pas magiquement la pharmacologie de la nicotine. C'est notamment pour cela que, lorsqu'une dépendance physique est importante, l'utilisation de substituts nicotiniques et l'accompagnement par un professionnel de santé peuvent être parfaitement compatibles avec un travail hypnotique. Les autorités sanitaires françaises ne considèrent d'ailleurs pas actuellement l'hypnose comme une méthode dont l'efficacité spécifique dans le sevrage tabagique est suffisamment démontrée pour remplacer les approches validées.

Mais la cigarette n'est pas uniquement de la nicotine. Elle peut être une pause, un moyen de gérer le stress, un rituel après le café, une permission de sortir cinq minutes, un lien social avec les collègues, une façon de respirer lorsque tout devient trop intense, un geste automatique en conduisant, une récompense, une manière de calmer l'ennui, un compagnon installé depuis vingt ans — et parfois même une partie de notre identité.

« Moi, je suis fumeur. »

Voilà déjà un sujet beaucoup plus intéressant pour l'hypnose.

L'hypnose peut travailler là où nos automatismes vivent

Nous avons une représentation parfois étrange de l'hypnose. Comme si le thérapeute prononçait une formule suffisamment puissante pour programmer le cerveau : « à partir de maintenant, la cigarette vous dégoûte. » Et hop, problème résolu.

Il existe effectivement des approches hypnotiques très suggestives qui travaillent de cette manière, et certaines personnes y répondent très bien. Mais réduire l'hypnose à cela serait dommage. Elle peut aussi devenir un espace pour observer et modifier certains automatismes : repérer les situations déclenchantes, travailler l'association café-cigarette, imaginer autrement une soirée entre amis, renforcer une décision, explorer ce que la cigarette vient réguler, construire mentalement le scénario du prochain craving, apprendre une autre manière de traverser une émotion, se représenter comme non-fumeur.

Et parfois découvrir cette question : « si je retire la cigarette, qu'est-ce qu'il reste à prendre en charge derrière ? » C'est là que l'hypnose redevient, à mes yeux, un véritable outil thérapeutique plutôt qu'un numéro de magie.

Alors, est-ce que l'hypnose fonctionne pour arrêter de fumer ?

La réponse la plus sérieuse est : elle peut aider certaines personnes, mais nous ne disposons pas aujourd'hui de données scientifiques permettant d'affirmer qu'elle provoque à elle seule un sevrage durable avec une efficacité supérieure aux autres accompagnements.

La revue Cochrane consacrée à la question a analysé 14 études portant sur 1 926 personnes. Elle conclut que les données disponibles sont de qualité faible à très faible et ne permettent pas d'établir clairement une supériorité de l'hypnothérapie. Si un bénéfice spécifique existe, les auteurs considèrent qu'il semble probablement modeste.

Et c'est intéressant, parce que cela nous oblige à distinguer deux choses : l'expérience clinique individuelle, et la démonstration scientifique d'efficacité. Je peux rencontrer quelqu'un qui me dit : « j'ai fumé vingt ans, j'ai fait une séance d'hypnose il y a huit ans et je n'ai plus jamais touché une cigarette. » Son expérience est vraie, elle mérite d'être entendue. Mais elle ne permet pas de conclure : « l'hypnose fait arrêter de fumer en une séance. » Entre les deux, il y a tout le travail de la recherche scientifique.

Et pourtant, une séance peut parfois suffire

Oui. Je n'ai aucun problème avec cette idée. Une personne peut arriver extrêmement décidée. Elle a déjà mûri son arrêt pendant plusieurs mois. Elle a changé de représentation du tabac. Elle vient de vivre un événement important. Son niveau de dépendance physique est faible ou pris en charge. Elle cherche simplement un point de bascule. La séance peut devenir ce point de bascule.

Mais dans ce cas, est-ce vraiment « l'hypnose qui a arrêté le tabac » ? Peut-être en partie. Ou peut-être que la séance a permis de cristalliser un changement qui était déjà largement en préparation. Et peu importe finalement — si cela fonctionne, tant mieux. Le problème n'est jamais qu'une séance suffise. Le problème serait de faire croire qu'elle doit suffire.

« 90 % de réussite » : méfiez-vous des pourcentages sans contexte

C'est probablement l'un des premiers réflexes à avoir. Lorsque vous voyez « 90 % de réussite », demandez : 90 % de quoi ? Mesuré quand — le lendemain, à un mois, à six mois, à un an ? Sur combien de personnes ? Comment les personnes perdues de vue ont-elles été comptabilisées ? La consommation de tabac a-t-elle été simplement déclarée ou vérifiée ? Quel était le niveau de dépendance initial ? Quels autres traitements étaient utilisés ? Y avait-il un groupe de comparaison ?

Parce qu'un chiffre peut avoir l'air extrêmement scientifique tout en ne voulant pratiquement rien dire.

Et le fameux laser anti-tabac ?

Voilà un sujet encore plus intéressant. Vous avez probablement déjà vu ces centres proposant une séance dans laquelle un laser de faible intensité est appliqué sur certains points de l'oreille. L'idée est généralement inspirée de l'auriculothérapie ou de l'acupuncture : stimuler certains points serait susceptible de diminuer le craving ou les manifestations liées au sevrage.

Est-ce complètement absurde ? Je serais prudent avant de répondre cela. Une revue systématique publiée en 2025 a trouvé quelques résultats encourageants concernant l'acupuncture auriculaire par laser. Mais regardons derrière le titre : sur plus de 2 500 publications initialement repérées, seulement quatre études répondaient finalement aux critères retenus, et seulement deux pouvaient être combinées pour certains résultats. Certains indicateurs étaient favorables au laser, mais les différences concernant la poursuite du tabagisme n'étaient notamment pas statistiquement significatives. Les auteurs eux-mêmes concluent que les données doivent être interprétées avec prudence et que davantage d'études solides sont nécessaires.

Tabac Info Service est encore plus direct : le laser n'est actuellement pas considéré comme une méthode scientifiquement validée pour l'arrêt du tabac.

Donc : « le laser pourrait éventuellement avoir un intérêt complémentaire qui mérite d'être étudié » est une phrase que je peux entendre. « Ce laser traite votre dépendance et vous permet d'arrêter définitivement après une séance » demande beaucoup plus de preuves.

Mais si quelqu'un arrête après son laser ?

Alors il a arrêté. Et c'est une excellente nouvelle. Il n'est absolument pas nécessaire de lui expliquer qu'il aurait dû échouer puisque la littérature scientifique n'est pas convaincante — l'être humain est plus complexe que cela. Il y a la décision, l'attente, le contexte, le rituel, la relation avec le praticien, le sentiment que « cette fois-ci c'est terminé », la somme investie, l'engagement pris, le fait d'avoir choisi une date, l'espoir, et probablement de nombreux mécanismes que nous ne comprenons pas encore complètement.

Ce que l'on appelle parfois un effet placebo n'est d'ailleurs pas synonyme de « rien ne s'est passé ». Le contexte thérapeutique peut réellement influencer notre expérience, nos attentes et certains comportements. Mais il faut rester intellectuellement honnête : si quelqu'un arrête de fumer après qu'on lui a appliqué un laser sur l'oreille, cela ne prouve pas automatiquement que le laser est la cause spécifique de l'arrêt. Et encore moins qu'il produira le même résultat chez tout le monde.

À mes yeux, la différence tient dans la promesse

Imaginez deux praticiens. Le premier vous dit :

« On va regarder ensemble votre relation au tabac, votre dépendance, ce qui entretient le comportement et votre motivation. Nous pouvons utiliser l'hypnose comme un outil. Certaines personnes changent très rapidement, d'autres ont besoin d'un accompagnement plus important. Si votre dépendance physique le nécessite, je vous encouragerai aussi à vous faire accompagner médicalement. »

Le second vous dit :

« Une séance. 95 % de réussite. Hypnose plus laser. Après ça vous êtes non-fumeur. »

Je ne prétends pas connaître la compétence de ces deux personnes. Mais je sais vers laquelle va ma conception de la thérapie.

Et pour perdre du poids ?

Nous retrouvons exactement le même problème. L'hypnose ne fait pas maigrir au sens où elle ferait fondre directement du tissu adipeux — ce serait merveilleux, je serais probablement déjà millionnaire. En revanche, elle peut s'inscrire dans un travail sur les comportements qui influencent notre rapport à l'alimentation. Et là, cela devient beaucoup plus intéressant.

Pourquoi est-ce que je mange ? Parce que j'ai faim ? Parce que je suis stressé ? Parce que je m'ennuie ? Parce que j'ai besoin de réconfort ? Parce que j'ai appris à finir mon assiette ? Parce que manger est mon principal plaisir après une journée difficile ? Parce que je fonctionne depuis vingt ans dans une alternance restriction-craquage-culpabilité ? Parce que je mange très rapidement et ne perçois presque plus la satiété ? Parce qu'un aliment est devenu ma récompense ?

Nous ne sommes plus seulement dans « mangez moins ». Nous travaillons sur la relation à l'alimentation. Et c'est précisément là que certaines approches psychologiques, dont éventuellement l'hypnose, peuvent trouver leur intérêt.

Les recherches sur l'hypnose et la perte de poids sont intéressantes mais encore limitées. Certaines revues trouvent des effets possibles, notamment lorsqu'elle est associée à des approches comportementales, tandis que d'autres soulignent la faiblesse méthodologique et le faible nombre d'études disponibles. Dans un essai randomisé d'un an chez des personnes présentant une obésité sévère, l'ajout de séances d'auto-hypnose n'a par exemple pas produit de différence significative sur la perte de poids globale, même si certains paramètres comme la satiété et la qualité de vie se sont améliorés.

Voilà une conclusion beaucoup moins spectaculaire qu'une publicité sur les réseaux sociaux. Mais beaucoup plus intéressante thérapeutiquement.

Parce qu'un comportement n'est pas toujours le problème

Il est parfois une solution. Voilà une idée fondamentale dans ma manière d'accompagner.

Une personne mange chaque soir lorsqu'elle rentre du travail. Elle aimerait supprimer ce comportement. Très bien. Mais imaginons que manger soit actuellement la seule stratégie efficace qu'elle possède pour redescendre d'une journée vécue dans une tension permanente. Nous pouvons essayer de supprimer brutalement le comportement. Ou nous pouvons nous demander : « à quel besoin répond-il ? » Et ensuite : « comment répondre autrement à ce besoin ? »

C'est beaucoup moins spectaculaire. Mais souvent beaucoup plus durable. La même chose vaut pour la cigarette : si votre cigarette est votre seul moment de pause dans la journée et que je vous l'enlève sans vous apprendre à vous arrêter autrement, il manque peut-être quelque chose au travail.

Arrêter un comportement n'est pas toujours résoudre ce qui l'a créé

C'est une distinction particulièrement importante en thérapie brève. Nous pouvons parfois supprimer un symptôme très rapidement — et c'est formidable. Mais parfois le symptôme appartient à un système plus large : stress chronique, solitude, rapport au corps, difficultés émotionnelles, habitudes familiales, identité, traumatismes, anxiété, environnement professionnel, rapport au plaisir, sommeil, et quantité d'autres facteurs.

Cela ne veut évidemment pas dire qu'il faut chercher systématiquement un traumatisme d'enfance derrière chaque cigarette ou chaque tablette de chocolat. Parfois une habitude est simplement une habitude. Et c'est aussi une excellente nouvelle : tout n'a pas besoin de devenir une exploration archéologique de votre psychisme.

C'est aussi cela, la Sophia-thérapie : chercher au bon niveau

Dans la Sophiathérapie telle que je la conçois, je ne veux pas décider à l'avance de la profondeur à laquelle nous devons aller. Si le problème se travaille au niveau du comportement, travaillons sur le comportement. S'il nécessite de comprendre une émotion, regardons l'émotion. Si nous découvrons une vieille stratégie de protection, explorons-la. Si une question identitaire ou existentielle apparaît, nous pouvons aller là aussi.

L'hypnose devient alors un outil parmi d'autres. Pas une doctrine. Pas une solution universelle. Et surtout pas une baguette magique.

La responsabilité du thérapeute n'est pas de faire croire

Elle est aussi de pouvoir dire : « je ne sais pas. » Je ne sais pas si une séance vous suffira. Je ne sais pas exactement comment vous allez répondre à l'hypnose. Je ne peux pas vous garantir que vous ne refumerez jamais. Je ne peux pas savoir à l'avance comment votre corps va évoluer.

Et bizarrement, je trouve que cette incertitude ne diminue pas la thérapie. Elle la rend plus humaine. Parce que je peux aussi vous dire : « nous pouvons regarder ensemble ce qui entretient ce comportement », « nous pouvons utiliser l'hypnose », « nous pouvons travailler vos automatismes », « nous pouvons vous apprendre à utiliser vous-même certains outils », « nous pouvons adapter l'accompagnement à ce qui apparaît », « et si quelque chose sort de mon champ de compétence, je vous le dirai. » À mes yeux, c'est beaucoup plus rassurant qu'un taux de réussite affiché en lettres dorées.

Et si ça marche en une seule séance ?

Alors nous serons ravis. Vraiment. Je n'ai aucune envie de transformer une thérapie brève en abonnement. Si vous venez pour arrêter de fumer, que vous repartez et que dix ans plus tard vous ne fumez toujours pas : parfait. Si une séance permet de transformer profondément votre rapport à la nourriture : formidable.

Mais le thérapeute ne devrait pas avoir besoin de promettre le miracle pour permettre au changement rapide d'exister. Il peut simplement créer les meilleures conditions possibles, et laisser une place à cette chose assez extraordinaire qu'est la capacité humaine à changer.

Ma promesse est donc probablement moins spectaculaire

Je ne peux pas vous promettre d'arrêter de fumer en une séance. Je ne peux pas vous promettre de perdre dix kilos grâce à l'hypnose. Je ne peux pas vous promettre qu'un laser posé sur votre oreille modifiera votre cerveau au point d'effacer une dépendance.

En revanche, je peux vous proposer quelque chose qui m'intéresse beaucoup plus : comprendre ce qui se passe réellement, utiliser les outils qui semblent pertinents, chercher le chemin le plus simple possible, respecter votre rythme sans fabriquer artificiellement de la longueur, vous aider à devenir progressivement plus autonome — et accueillir avec plaisir la possibilité que le changement soit beaucoup plus rapide que prévu.

Parce que thérapie brève ne devrait jamais signifier « je sais combien de temps vous allez mettre avant de vous connaître ». Cela devrait plutôt signifier : « nous n'allons pas perdre de temps. »

Et si une seule séance suffit ? Tant mieux. Mais si quelqu'un vous garantit le résultat avant même de connaître votre histoire, votre dépendance, votre corps, votre environnement ou la fonction que remplit votre comportement, vous avez peut-être parfaitement le droit de lui poser une dernière question : « vous êtes thérapeute ou vous êtes magicien ? »

Vous voulez continuer à explorer ce sujet ?

L'hypnose, en cabinet à Strasbourg et en visio

Écrit par Benjamin Gaillon — thérapeute existentiel et praticien en Sophiathérapie, également directeur des systèmes d'information et de l'organisation d'une fondation, ancien CTO.Qui je suis.

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